Carnets dansés/Nos rencontres artistiques en Inde

Notre rencontre avec les moines danseurs et notre initiation à la danse Sattriya

Avant de vous parler de notre initiation à la danse sacrée Sattrya avec les moines danseurs, laissez moi vous situer le contexte géographique et environnemental de cet échange :

Before telling you about our initiation to Sattriya dance with the monks dancers of Majuli, please let me first explain the context of this particular exchange.

À propos de l’île de Majuli

Posée sur le puissant fleuve Brahmaputra, l’ile de Majuli est la plus grande île de l’Inde. Elle regroupe 175 000 habitants dans une végétation luxuriante ,avec ses rizières et ses prairies parsemées de jacinthes, et dans une atmosphère accueillante et décontractée. Elle y abrite de nombreuses espèces d’oiseaux et constitue le berceau d’une tradition religieuse unique avec les Satras, monastères hindous regroupant des moines masculins vénérant le dieu Krishna (avatar de Vishnou) via la musique le théâtre et la danse.

L’existence de l’île est fragile et éphémère car elle est menacée par la constante montée des eaux qui engloutie l’île chaque année et par des projets de construction de barrages hydrauliques chinois. (Le fleuve prenant sa source en Chine).

Located on the Brahmaputra river , Majuli Island is the largest island of India. Its 175 000 habitants are living in luxury vegetation , with rice fields and bluebells flowers and in a relaxed and welcoming atmosphere thanks to the perpetual birds songs. It is also a place of a unique religious tradition with Satras , Hindu monasteries composing by male monks devoted to the god Krishna ( avatar of Vishnu ) via music theater and dance. The existence of the island is fragile and ephemeral because of the constant rise of water that engulfed the island more each year and by Chinese hydroelectric projects construction. ( The river with its source in China).

À propos du Satra Uttar Kamalabari

L’île de Majuli compte une vingtaine de Satras, fondés par un poète, musicien et dramaturge, Sankaradeva.

Celui de Kamalabari regroupe une centaine de moines exclusivement masculins, âgés de 4 à 95 ans, vêtus de blanc, au visage et torse imberbe et aux cheveux longs regroupés dans un chignon. Ils cohabitent sous le même toit à plusieurs, dans des bâtiments construits autour du namghar, une vaste et simple salle de prière ouverts à tous (hindouistes ou non) et où ils se succèdent pour prier le dieu Krishna à travers des lectures et des chants sacrés.

Les moines sont ici pour la plus part depuis leur plus jeune âge où ils habitent avec plusieurs autres moines de générations différentes. Après l’école, ils y apprennent les textes, musiques, chants et danses sacrés auprès d’un Guru, une sorte de maître qui leur enseignent les arts du Satra.

The island of Majuli has twenty Satras founded by a poet , musician and dramaturge, Sankaradeva . The Satra of Kamalabari includes hundreds monks exclusively male , aged from 4 to 95 years , dressed in white , chest and face bearless and long hair gathered in a bun. They coexist with other monks under the same roof , in some buildings constructed around the namghar , an extensive and simple prayer room open to all ( Hindu or not) where they succeed to pray to the god Krishna through readings and hymns . For the most of them, monks are here since their young age and live with several other monks from different generations . For the youngest, after school, they learn with a Guru the text, music, songs and sacred dances.

Ils nous expliquent que contrairement aux boudhistes, les moines des Satras doivent subvenir à leurs propres besoins et ne vivent pas des dons et donations extérieurs. Si il y existe une hiérarchie, des règles et des rituels bien précis, ils ne sont pas contraints à rester au monastère et peuvent aller étudier ou travailler à l’extérieur.

La vie du Satra est rythmée par 14 prières journalières, chacune interprétée en musique par un ou plusieurs moines dédiés à une prière en particulier.

They explain us that unlike the Buddhists , the monks of Satras must provide for their own needs and do not live thanks to external donations. If there is a hierarchy , rules and specific rituals, they are not forced to stay in the monastery and they can studying or working outside.

Satra life is punctuated by 14 daily prayers , each performed by one or few monks dedicated to a particular prayer.

 

Leurs manifestations artistiques sont célèbres dans toute l’Inde mais aussi à l’international puisque certains d’entre eux se produisent régulièrement en l’Europe. La prochaine représentations aura d’ailleurs  lieu en juillet au British Museum de Londres.

Their performances are famous in all India and also in Europe. Some of them performed regurally in Europe and the next one will be in July in British Museum in London.

 

Notre initiation à la danse Sattrya :

Arrivés sur l’île de Majuli, Shilpika nous dépose devant le monastère de Suttra Kamalabari. Là aussi malgré quelques échanges de mails rien n’est organisé. Nous rencontrons Krishna et Nirangam deux moines du monastère à qui nous expliquons notre projet autour d’un thé. Au début, ce fut un peu compliqué car le monastère suit des règles bien précises. Le moine principal n’étant pas présent pour donner un quelconque accord, le peu de temps que nous restons et le fait aussi que je sois une femme dans un monastère masculin constituaient autant de raisons pour qu’aucun échange artistique n’ai lieu
Mais nous avons insisté et argumenté notamment sur le fait que nous avions traversé le nord de l’Inde pour les rencontrer et espérer être initier à leur technique. Finalement c’est Nirangam, disciple du chorégraphe Bhabananda H. Barbayan (que nous avions contacté par mail avant notre départ) qui a accepter d’être notre guru (instructeur) durant ces quelques jours sans contrepartie « artistique » car là encore, trop compliqué à organiser sans l’accord du moine principal.
Le cours avait lieu chaque matin à  8h dans la maison qu’il partage avec d’autres moines et durait une heure à la suite duquel nous échangions oralement sur la comparaison de nos techniques, de leur histoires, de la musicalité … (les moines sont aussi d’excellent musiciens…).

Arrived on the island of Majuli, Shilpika drops us in front of the monastery of Suttra Kamalabari. Despite some mail exchanges before we leave France, nothing was really organized. We met Krishna and Nirangam, two monks of the monastery to who we explained our project arround a masala  tea. At the begining, it was a bit complicated because the monastery follows very precise rules. The main monk was not present to give any agreement, the short time we stay and also the fact that I am a woman in a male monastery were many reasons that this artistic exchange have no chance.  But we insisted and argued on the fact that we crossed the northern India to meet them, hoping to be initiated to their technique. Finally it’s Nirangam, a disciple of the choreographer Bhabananda H. Barbayan (with who we were in touch by email before we left) who agree to be our guru (teacher) during these few days without  any « artistic » counterpart because too complicated to organize without the agreement of the main monk.
The class was every morning at 8 am in the house he shares with other monks and lasted 1 hour after what we were exchanged orally about  our techniques, their stories, musicality … (the monks are also excellent musicians …).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s